Pourquoi lire “La fractale des raviolis”, millefeuille narratif déroutant et plein d’humour?

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La littérature, c’est un peu comme une conversation entre le lecteur et le texte. Or, une conversation peut dériver, le fil des digressions devient parfois si long qu’il est dur de retrouver la trame principale après coup. C’est l’effet que réussit à mimer Pierre Raufast dans cet ingénieux roman.

La littérature, c’est un peu comme une conversation entre le lecteur et le texte. Or, une conversation peut dériver, le fil des digressions devient parfois si long qu’il est dur de retrouver la trame principale après coup. C’est l’effet que réussit à mimer Pierre Raufast dans cet ingénieux roman.

Tout commence par une femme qui veut se venger de son mari adultère en empoisonnant un plat de raviolis. À partir de ce récit, le narrateur va basculer sur pas moins de 17 autres histoires, liées par des liens parfois très ténus. L’art de la digression, c’est bifurquer grâce à un mot, au moindre prétexte, tout en gardant les récits dans un grand tout. On passe ainsi d’un médaillon impossible à photographier, à un peintre psychopathe, un auteur en manque d’inspiration, ou une chasse au rat-taupe, pour revenir aux mortels raviolis.

C’est le motif de la fractale, cet objet mathématique qui présente la même figure se répétant à l’infini à toutes les échelles. Raufast joue sur l’utilisation des récits enchâssés, qui existent depuis l’Antiquité, pour pousser le concept à l’extrême et ainsi offrir un foisonnement d’imagination, de fausses anecdotes qui paraissent presque réelles une fois liées entre elles. Le style est simple, léger, plein d’humour parfois grinçant. On se demande jusqu’où les récits vont s’emboîter, et on est parfois obligé de feuilleter à nouveau le livre pour se rappeler comment le narrateur est passé d’un espace-temps  à un autre.

“La fractale des raviolis”, c’est une lecture agréable, surprenante à chaque coin de page. Un roman qui repousse les limites du narratif, une fête de l’inventivité où l’auteur jouit de son statut de démiurge. Quand on écrit, on a le pouvoir de faire naître chez les autres des univers, de nouveaux espaces mentaux : Alors pourquoi ne pas coucher sur papier toutes les folles idées qui nous traversent l’esprit? 


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