Dorfromantik et Townscaper: jouer à ne rien faire

Avatar de Enzo JL

Est-ce qu’il vous arrive de faire plusieurs choses à la fois sur votre ordinateur? Personnellement, ça m’arrive tout le temps : appel Discord, en même temps Dofus, et un travail ouvert sur mon ordi portable. C’est en cherchant des jeux pour m’occuper (ou plutôt m’échapper) pendant mon travail, que je suis tombé sur ces deux curieux objets… A la limite de l’application mobile, gameplay dépouillé et but abstrait, ils jouent en fait sur d’autres plaisirs humains que les jeux plus « traditionnels ».

Dorfromantik

Dorfromantik est un puzzle game dans lequel on doit poser des pièces dans un espace découpé en hexagones. Chaque pièce représente un petit morceau de terrain et peut comporter des éléments spéciaux: rails, habitations, points d’eau, champs, arbres, bâtiments spéciaux… Lorsqu’on pose une pièce à côté d’une autre on gagne des points, on en gagne évidemment bien plus si l’on appose deux éléments ensembles : par exemple, agglomérer des maisons afin de créer une sorte de village rapporte beaucoup, créer une longue rivière ou une large forêt également. Par moment le jeu propose des défis, si on clos un ensemble (maison, rivière, forêt, champs) avec un nombre précis de pièces, le score est démultiplié. La difficulté vient du fait qu’on oblige le joueur à poser pièce après pièce dans un ordre défini aléatoirement par le jeu. La logique se poursuit jusqu’à l’épuisement des pièces, une partie peut ainsi durer entre 30 minutes et 1 heure.

L’intérêt réside évidemment dans le plaisir de former une jolie petite contrée, où la vapeur des trains s’élève au dessus des paisibles toits de tuiles, s’en allant par-delà les champs de lavandes et les forêts.

Les deux logiques sont vraiment mises au même plan, et le jeu est pensé de telle manière à ce que gagner des points ne nous empêche pas de simplement contempler et dessiner le paysage que l’on désire. Je me retrouve bien dans ce jeu parce que je suis le genre d’abruti qui, quand il joue à un RTS, préfère passer son temps à construire une forteresse et une ville esthétique plutôt que des bâtiments épars et éphémères pour être efficace dès le début.

Townscaper

Townscaper va encore plus loin dans cette logique contemplative, ce qui fait peut-être aussi sa faiblesse, car ici pas de but ou de jeu, seulement du modelage. Certes, l’eau donne un aspect super joli de ville sur pilotis et on peut créer des bâtiments plus complexes, mais pas de champs, de rail ou de forêt. Ce n’est presque pas un jeu, plutôt un logiciel de création 3d, on n’y sauvegarde d’ailleurs pas des parties mais des fichiers comme un projet Photoshop ou Blender, Townscaper se place ainsi à la limite du jeu.

On peut même se demander à quel moment il y a jeu. Est-ce en fonction de l’intention du développeur? Ou alors lorsque l’interaction entre utilisateur et logiciel possède un but ludique? Vaste question, dans tous les cas, Townscaper se place à la limite de tout cela, où qu’elle soit.

Oisiveté

Ces deux jeux jouent sur le plaisir très simple de construire un petit monde et de le voir vivoter sous nos yeux. Par leur simplicité, ils font travailler l’imagination, on peut se projeter dans l’espace qu’ils représentent et le transposer avec notre propre espace vécu. On ne met finalement pas tant notre cerveau en pause que ça, voilà à quoi on reconnaît de bons jeux de détente. C’est le genre de jeu que l’on dégaine dans les transports pour tuer le temps. Moi qui ai vécu les heures de gloire du jeu mobile sur Ipad et Ipod Touch, ces deux jeux sans prétention me ramènent en adolescence.


Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer