Revenons sur un classique de la littérature française, Romain Gary alias Émile Ajar, double lauréat du prix Goncourt, signa ici un de ses plus grands romans. À travers un récit semi-autobiographique, Gary rend le plus bel hommage que l’on puisse faire à une mère. De l’enfance en Pologne aux combats aériens pour la Résistance, c’est toute une vie qui se rejoue sous les yeux du lecteur.

Dans ce roman, l’auteur se remémore sa vie passée, avec plein de nostalgie et de tendresse. Le petit Romain, ayant passé son enfance en Lituanie et en Pologne, vit au rythme des petits boulots, parfois douteux, de sa mère. Elle le berce d’éloges sur la France, ce glorieux pays où elle vécut autrefois. Elle place également tous ses espoirs en son lui “tu seras écrivain et ambassadeur de France” répétait-elle. Prendre une revanche sur la vie à la place de sa mère, voilà le rôle que doit endosser Romain.
L’écriture de Romain Gary approche la virtuosité, d’une fluidité sans faille, il parvient à construire son personnage à travers des passages signifiants de son enfance. Son sens de la formule et de la métaphore approche le génie, notamment en ce qui concerne le registre érotique. On ne peut s’empêcher de ressentir une sympathie pour le narrateur, tant les digressions et le sarcasme en font un personnage plein d’esprit. Tandis que le jeune et fougueux Romain découvre la sexualité, la réussite sociale ou le patriotisme, le vieux Romain qui raconte l’histoire en profite pour juger ses actions passées avec sagesse.
Romain sera toujours tourné vers la France, car naturalisé à son adolescence. Son engagement dans l’armée puis la Résistance lui fera prendre conscience qu’il se sent profondément français. Toutefois, la réalité est loin du roman national, l’œuvre est intéressante car le héros développe un patriotisme malgré les désillusions et les défauts de son pays.
Plus que tout, la lecture est marquée par la mère, Mina de son nom. C’est un véritable personnage, extrêmement fière et vouant une admiration sans borne à son fils pour lequel elle sacrifie sa vie entière. L’auteur la dessine comme une figure tutélaire, toujours présente dans l’esprit de Romain, le possédant presque. À la lecture on se sent touché par cet amour, parfois un peu excessif, mais d’une grandeur frôlant le sublime.
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